07.10.2008

Electre

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À son retour de la guerre de Troie, Agamemnon, chef de l’armée grecque, est assassiné par sa propre épouse, Clytemnestre, et l’amant de cette dernière. Mais le couple machiavélique craint la future vengeance des enfants. Par amour, Clytemnestre va jusqu’à oublier son rôle de mère : elle exile son petit garçon, Oreste, et condamne sa fille Électre à mener une vie d’esclave. Tout semble réglé, mais le plan des amants a une faille : le destin. Adulte, Oreste revient à Argos sur l’ordre d’un oracle pour venger la mémoire de son père défunt. Le destin de la famille maudite peut désormais s’accomplir…
Eschyle, Sophocle, Euripide : les trois grands poètes tragiques ont consacré une œuvre à ce célèbre mythe. Héros malgré eux, Oreste et Électre émeuvent autant qu’ils effrayent. Traités différemment selon les poètes, ils demeurent complexes et ambivalents chez chacun d’entre eux. À la fois terrifiants et pathétiques. Héroïques et tragiques. Victimes et coupables. D’où le trouble des spectateurs et des lecteurs. Car il est difficile – voire impossible – de porter un jugement sur certains actes. Même lorsqu’ils sont criminels. Oreste doit venger la mémoire de son père en punissant ses assassins. Mais comment faire lorsque le meurtre devient un matricide ? Faut-il tuer sa propre mère ? Peut-on choisir entre devoir et morale ? Autant de questions auxquelles sont confrontés les héros d’Électre, au cœur d’un dilemme sans d’autre issue possible que la culpabilité. À lire et à relire.

Cote : T ESC

24.09.2008

Médée

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C’est l’histoire d’une vengeance. La vengeance d’une femme. Plus précisément d’une magicienne, petite-fille du Soleil. Médée. C’est aussi l’histoire d’un amour passionnel, destructeur. Une histoire tragique, dominée par la souffrance d’une femme meurtrie par l’infidélité de son époux. Lorsqu’elle apprend que Jason la quitte pour épouser la fille du roi Créon, Médée décide de ne pas se laisser faire. Assoiffée de vengeance, elle imagine alors toutes sortes de châtiments extrêmes. La première victime : sa rivale, la princesse Créuse, qui meurt empoisonnée. Puis c’est au tour de Créon de subir les foudres de la magicienne. Reste le plus coupable, l’homme qu’elle a aimé passionnément et qui l’a trahie. Mais comment le punir suffisamment ? Le châtiment doit être à la hauteur du crime. Peu à peu, une idée germe dans l’esprit de Médée. Une idée terrifiante, indicible… mais qui se révèle être la meilleure vengeance possible, car « rien ne saurait mieux mordre au cœur [s]on mari ». Médée est prête à tout, même à sacrifier ce qu’elle a de plus cher au monde : ses enfants.

Ecrite en 432 av. J-C, Médée dépasse les siècles pour s’inscrire dans notre époque et toucher un large public. Plus que l’histoire d’un infanticide, c’est la passion humaine et ses conséquences tragiques qu’Euripide peint avec brio. Le cas de conscience d’une héroïne déchirée entre son orgueil de femme et son amour maternel. Le lecteur n’en sortira pas indemne.

 

Cote : T EUR