30.01.2011

Dieu en bandes dessinées

Depuis des millénaires l'homme s'interroge sur sa condition et sur une question: l'existence ou non d'un Dieu.Je ne sais pas si c'est parceque les temps sont durs, que cette question réapparaît aujourd'hui.

Mais "Dieu"  inspire ces temps-ci les auteurs de BD, et le fait et, que trois auteurs de renom ont réalisés coup sur coup ces mois derniers,  trois albums de qualité ayant pour thème: "Dieu".

Ils sont disponibles à la bibliothèque.

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Disponible en section Adultes : Cote BD: CRU* 

Commençons ce tour d'horizon de "bande dessinées mystiques" avec "la Genèse"* du dessinateur américain culte "Robert Crumb", qui délaisse ici ses obsessions pour le sexe et la provocation et s'offre peut être sur le tard une rédemption, en dessinant les origines du monde selon l'ancien testament et un Dieu démiurge.

 

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L'album est parfait, Crumb adaptant avec une grande fidélité les récits bibliques. L'occasion pour le lecteur de découvrir ou de redécouvrir en dessins les épisodes de la bible, tel celui du  "jardin d'Eden" avec Adam et Eve (en couverture de l'album) et un serpent dans les rôles principaux.

Le deuxième album qui vient de paraître ces jours-ci, c'est l'album très philosophique, du dessinateur français  Marc Antoine Mathieu, qui signe une très belle réflexion intellectuelle sur l'idolatrie , la crédulité des foules devant leurs idoles et sur une société actuelle hyper-médiatisée.

entrer des mots clefsDisponible en section adultes COTE BD: MAT*

Mathieu dans un album  tout en "ombre et lumière" fait revenir Dieu  sur terre, de nos jours au 21ème siècle. En effet dans cette bd,  lors d'un grand recensement, un homme  est reconnu comme étant Dieu  par ses contemporains car il réalise une série de prodiges mathématiques et scientifiques devant un parterre de savants du monde entier.

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 Dés lors l'homme se déplace en "pape-mobile" devant des foules immmenses et bien vite ... pour se rendre à son procès...Car les hommes ont décidés de demander des comptes à leur créateur!

Marc Antoine Mathieu signe là une BD intelligente et philosophique et drôle à venir lire d'urgence à la bibliothèque.

 

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Disponible en section adultes Cote: BD/BEN

 

 Le troisième album avec au scénario l'écrivain Benacquista (l'outremangeur) et le dessinateur Barral se veut plus humoristique, et cette BD charme le lecteur par sa simplicité.Dieu qui n'a pas réponse à tout mais qui a de nombreux amis décide d'aider des êtres humains en difficultés  sur terre, pour cela il demande un coup de main à des amis qu'il recrute au paradis.

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Pour soigner la dépression d'untel il lui envoie Sigmund Freud, pour qu'un célibataire rencontre l'âme soeur, il demande l'aide d' un coach de charme Marilyn Monroe. .. Cette BD est donc fort sympathique et au finale on sourit tout le long de sa lecture.

Un album, à venir retirer en section adultes entre deux Tsunamis !!

BENJAMIN.

15.02.2008

Malavita

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En quatrième de couverture on lit "Ils prirent possession de la maison au milieu de la nuit". C'est ainsi également que commence l'histoire. Dans cette seule phrase se trame déjà l'aventure de la famille Blake. En effet, pas ordinaire d'emménager en pleine nuit. Forcément des choses à cacher, à commencer par soi. Mais cacher quoi, et à qui ? Pourquoi cette petite commune de Normandie, jusque là bien parquée dans son train-train quotidien ?

On retrouve le Benacquista de Quatre romans noirs, en mieux. Peut-être parce qu'ici l'histoire part d'un homme, et touche sa famille, qui touche la ville. Une intrigue géniale, sans tomber dans le polar, un suspense ironique, et toujours ce cynisme si particulier, un cynisme teinté d'amertume, le cynisme qui protège, de quoi on ne sait pas bien. Incarné ici par le personnage central, Fred Blake, qui s'est fait connaître à Cholong-sur-Avre et s'est découvert lui-même écrivain. Fred, qui passe ses journées seul en compagnie d'une machine à écrire abandonnée par ses précédents locataires. Machine qui l'isole et qui l'intègre à la fois dans cette nouvelle société. Machine qui lui permet de revivre son passé, dont il est nostalgique.

Sa femme, elle, tente d'effacer ses erreurs, tente d'expier ce passé dont elle n'est pas responsable mais auquel elle a participé. Elle s'investit corps et âme dans des associations caritatives. Warren, le fils, essaie de réparer les erreurs de son père en reprenant un certain flambeau, au sein même du collège. Et Belle, leur fille, semble de par sa seule et sublime beauté pouvoir effacer toute cette noirceur qui les a tous amenés là.

Difficile d'en dire plus, d'en parler autrement, sans révéler ce passé qui les poursuit, sans vous priver de l'effet de surprise. Ce passé, l'auteur nous le livre sans caricature, ou alors une parodie de caricature, d'idées reçues, sans jamais prendre parti, sachant où est le bien, le mal, mais nous laissant seuls face à nos fantasmes, à nos peurs ancestrales.

Un passé qui passera inaperçu aux yeux des voisins un certain temps, malgré les tentacules qui se déplient tranquillement, resserrant l'étreinte invisible au fur et à mesure, jusqu'à l'asphyxie d'une ville trop petite pour contenir toute cette violence.

 

Et Malavita, la mauvaise vie....

Cote : R BEN

11.01.2008

Quatre romans noirs

"Silence. Poncepilatique chez moi, crispé chez lui. Mais comment interdire à un type mort de trouille de pisser ? Je ne peux pas me permettre de le faire sortir même une petite seconde de sa planque, et après tout il s'y est mis tout seul. D'un autre côté, ça peut virer à l'aquarium d'un instant à l'autre, et mes draps du retour sont foutus, sans parler de l'odeur." C'est comme ça dans La maldonne des sleepings. Le héros narrateur est un paradoxe d'égoïsme calculé, nécessaire, et d'altruisme qui tend au pragmatisme. Cynique, amer, il n'hésite pas à se défouler sur celui qu'il aide. Car il aide malgré lui, il semble s'accommoder de l'imprévu, ne se dépare jamais d'une sacrée répartie. Il a beau donner l'impression de peser le pour et le contre de chaque action, le lecteur n'est pas dupe de son bon fond. Un huis-clos "chemindeferrique", où tout tourne autour de ce personnage qu'Antoine va prendre sous son aile, ou plutôt dans sa cabine, enfreignant toutes les lois possibles régissant le code des couchettistes..

Et puis, entremêlée à l'intrigue, une poésie, l'art de tourner une phrase, de manier le verbe.. Benacquista, par-delà sa verve incroyable et l'humour cinglant dont il ne se départit dans aucun des quatre romans, nous fait vibrer : " Il est triste le Venise de 19h32, l'hiver, parce que le quai est froid et noir. Je tire sur la portière. C'est bouclé. Un voyageur agite la main par la fenêtre, sans aucun vis-à-vis. Un poète... Les passagers me regardent du couloir. Ils s'en remettent déjà à moi. Au loin on entend le coup du sifflet, le tam-tam du train cherche lentement son rythme et les cuivres entament l'adagio. Je ne ferai pas ce boulot toute ma vie. j'aurais tellement voulu rester à quai."

Mais ça n'est pas le plus troublant des quatre. Les morsures de l'aube, après le monde des trains couchettes, celui de Paris la nuit, avec ses piqu'assiettes, ses sans abris.. Antoine se retrouve impliqué dans une chasse à l'homme parce qu'il est un oiseau de nuit sans nid fixe. Parce qu'avec son acolyte ils naviguent entre plusieurs buffets mondains nocturnes, ruse, audace, manières et langages leur ouvrent bien des portes, qui elles s'ouvrent sur ce qui leur fait le plus défaut, la nourriture. Pris au piège ils n'ont pas le choix. Et c'est Antoine qui s'y colle. On découvre au fil des pages un monde dur, froid, sans concessions, un univers qu'on retrouvera dans Trois carrés rouges sur fond noir... Une histoire où le méchant n'est pas forcément celui qu'on croit..

Enfin voilà, le propre de Benacquista est de nous plonger dans un univers bien spécifique, bien délimité, très précis.. Qu'on aime ou pas, on est obligé d'y adhérer, tellement c'est vrai. Le train, la nuit, la peinture, L'Italie et ses vignobles.. chaque histoire est différente, la mécanique est la même, subtile, personnelle, tout en subjectivité.. à la limite de l'invraisemblable, et pourtant, tout est plausible. A chaque histoire on s'instruit, sans en avoir l'air, sans vraiment le savoir. Tout un art..