04.07.2008
Kentucky straight

Abrupt comme les crêtes, tortueux comme les cours d'eau, l'esprit s'est formé au contact de la roche, le paysage a poncé les cœurs des hommes et des femmes qui peuplent le décor.
Sec comme le bois de chauffe, noir comme le glaviot de chique craché dans un seau, ces hommes et ces femmes n'attendent rien de la vie, si ce n'est la mort. Certains s'attachent tellement à leur terre, leurs terres, que leur âme s'enracine aux côtés des plus vieux arbres des forêts sombres et denses. Les forces obscures dansent au sommet des crêtes, aplatissent les plus orgueilleux, hérissent le poil des plus téméraires. Et si le chien hésite, ou mène sur une fausse piste, il se fait liquider, et donné en pâture aux prédateurs qui rôdent. point d'hésitation, point de sentimentalisme. La survie ne laisse place à aucun regret, le cynisme s'éloigne sur la pointe des pieds. 9 nouvelles sans aucun espoir, sans aucune lueur dans le noir, aucune accalmie de l'esprit.
Cote : POL OFF
11:08 Publié dans Livre - Secteur Adulte | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, policier, offutt
19.06.2008
Nouveautés : Long spoon Lane, Pélagie et le Moine noir...
Présentation de l'éditeur
Réveillé en pleine nuit par Victor Narraway, chef de la Special Branch, Thomas Pitt est sommé de se rendre d'urgence dans Myrdle Street où des anarchistes menacent de faire sauter une bombe. Après une course-poursuite effrénée, il parvient à arrêter deux d'entre eux, mais découvre dans leur Q.G. de Long Spoor Lane le cadavre de leur chef, fils d'un lord très influent, abattu d'une balle dans la nuque. Intrigué par ce meurtre et les accusations plutôt troublantes des deux anarchistes qui dénoncent une corruption policière étendue, Pitt décide d'enquêter avec l'aide de son ancien acolyte du commissariat de Bow Street, l'inspecteur Tellman. Il découvre alors une conspiration policière et politique terrifiante, orchestrée par le Cercle intérieur, qui ne lui laissera pas d'autre choix que de s'allier avec son pire ennemi, Lord Charles Voisey.
Présentation de l'éditeur
A la fin du XIXe siècle, sur l'île de Canaan, au nord de l'immense Russie, le Nouvel Ararat, célèbre lieu de pèlerinage, est le théâtre d'apparitions aussi inquiétantes qu'inexpliquées. Huit siècles après sa mort, le fantôme du fondateur, saint Basile en personne, terrorise religieux et pèlerins. Les moines demandent l'aide de l'évêque Mitrophane, mais les émissaires qu'il dépêche sur place sont successivement victimes de celui que la rumeur a déjà surnommé le Moine Noir. Crises de démence, terreur collective et morts brutales, seule la malicieuse sœur Pélagie, fidèle assistante de l'évêque, semble en mesure de calmer les esprits.
Présentation de l'éditeurTess a 9 ans lorsque sa sœur aînée Phoebe est enlevée, violée et étranglée. Sur son témoignage, le coupable est immédiatement arrêté, jugé, puis exécuté. Vingt ans plus tard, un test révèle que son ADN n'est pas celui retrouvé sur Phoebe. Traumatisée à l'idée d'avoir pu faire condamner un innocent, Tess décide de faire toute la lumière sur cette affaire. Au risque de revivre le cauchemar qui a bouleversé sa vie et passer pour le suspect principal du meurtre de
23:22 Publié dans Livre - Secteur Adulte | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, roman, policier, bibliothèque
29.02.2008
Shutter island
Une intrigue, en milieu psychiatrique, ça promet. Comment des représentants de la loi vont-ils pouvoir imposer la justice des "sains d'esprit" au sein d'un univers complètement irrationnel ?
En plus, dans les années 50, la psychiatrie n'avait pas encore acquis ses lettres de noblesse, et pratiquait des méthodes relativement "barbares", du moins austères. On parlait encore de lobotomie orbitale, d'électrochocs, ça promettait donc d'être corsé !
Une prison-hôpital, complètement isolée, sur un îlot, où sont incarcérés, enfin devrait-on dire "soignés", des hommes et femmes ayant commis les crimes les plus violents. Une dénommée Rachel Solando est portée disparue, sa "cellule-chambre" est vide, elle laisse un bout de papier, une énigme à résoudre, c'est le marshall Teddy Daniels et son coéquipier qui s'y collent. Débarqués en pleine tempête, ils ont tôt fait de considérer les lieux. Inquiétants. Et ce phare, entouré de barbelés électriques, de gardes, n'abriterait-il pas les manipulations les plus diaboliques ?
Les médecins qui ne répondent qu'à moitié, qui cachent des choses, confirmant les craintes des deux officiers. La tension monte, mais à peine. Ils savent ne pas être les bienvenus, les patients s'agitent. Les pathologies sont impressionnantes, mais moins que les bâtiments, qui cachent sûrement d'horribles salles "d'opération". Bon bon. Et après ?
Après, Daniels commence à comprendre l'énigme, il y trouve des noms, des indices, une piste... Rachel est là, c'est certain. Elle a tué ses trois enfants, c'est pour ça qu'elle est arrivée ici.. Alors il cherche, il arpente l'île, en long en large et en pleine tempête. Et plus il avance, plus les obstacles se font nombreux. Et puis une migraine, terrible, écrasante. Un docteur lui donne quelques cachets. Il s'endort. Fait des rêves on ne peut plus étranges. Quand il se réveille, le docteur est là. Comme s'il le surveillait. Une impression qui le suit, le poursuit. Il se sent épié, le moindre fait et geste consigné. Heureusement, pour mener cette enquête, il n'est pas seul. Heureusement...
Une voix, une rumeur, une intuition leur murmure à l'oreille de surveiller leurs arrières : les perversions de l'âme humaine ne sont pas toujours là où on les attend. Même les EEG les plus plats ont parfois de violents soubresauts. Il ne faut faire confiance à personne, et surtout pas à soi-même. Ils vont jusqu'à cacher leurs drogues dans les cigarettes qu'ils vous offrent. Ils rendent même les plus sains d'esprit malades, pour pouvoir leur disséquer le cerveau. Ils vous manipulent. Ils vout font croire des choses. Faites attention, non, fuyez, vite... Sinon, ils vous auront, vous aussi...
Et puis Rachel réapparaît....
Cote : POL LEH
18:13 Publié dans Livre - Secteur Adulte | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, policier, lehane
01.02.2008
Dans les bois éternels

Vargas, Adamsberg. Dans les bois. C'est comme une danse, que chacun mène à son tour. Tour à tour le commissaire vole la plume de l'auteur, et Vargas s'immisce dans l'esprit tortueux, torturé d'Adamsberg. Pour autant ils n'en savent pas plus l'un sur l'autre, mis à part une certaine poésie dans leur façon de dire, d'écrire la vie. Et quand l'un cède un mot, un paragraphe, un chapitre à l'autre, c'est pour mieux brouiller les pistes. Cela dit, quelle piste suivre quand on poursuit un fantôme, une ombre...
Vargas a la sienne, c'est Adamsberg. Ce personnage qu'elle affectionne, sans complaisance, qu'elle a du mal à cerner.. Ce personnage dont elle connaît le passé, dont elle devine le présent tourmenté, mais dont elle ignore l'avenir. Cet homme qu'elle ne connaît finalement pas mieux que nous, pauvres lecteurs.
Adamsberg en a plusieurs : celle qui hante le grenier de cette maison qu'il vient d'acquérir, plein d'une légende vieille de plusieurs siècles, celle qui plane au sein même du commissariat depuis l'arrivée d'un lieutenant aux manies aussi étranges que sa chevelure. Et puis, et surtout, cette Ombre, celle qui rôde dans les cimetières, qui convoite certaines tombes et les secrets enterrés avec elles. Cette Ombre qui répand la mort, qui ressemble étrangement à la Grande Faucheuse.. .
Ces Ombres ne cesseront d'obscurcir le ciel déjà chargé d'Adamsberg, s'amuseront à ébranler ses repères, ses valeurs les plus sûres.
Une enquête pour le moins alambiquée, dans un commissariat déjà malmené par les méthodes employées par Adamsberg : il dérange et impressionne à la fois.
L'auteur aussi : par une écriture fine, rythmée, et rationnelle, on s'avance pas à pas dans une histoire invraisemblable, quasi-mystique, et, au final, profondément humaine. Trop peut-être...
Cote : POL VAR
11:25 Publié dans Livre - Secteur Adulte | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, policier, vargas
11.01.2008
Quatre romans noirs
"Silence. Poncepilatique chez moi, crispé chez lui. Mais comment interdire à un type mort de trouille de pisser ? Je ne peux pas me permettre de le faire sortir même une petite seconde de sa planque, et après tout il s'y est mis tout seul. D'un autre côté, ça peut virer à l'aquarium d'un instant à l'autre, et mes draps du retour sont foutus, sans parler de l'odeur." C'est comme ça dans La maldonne des sleepings. Le héros narrateur est un paradoxe d'égoïsme calculé, nécessaire, et d'altruisme qui tend au pragmatisme. Cynique, amer, il n'hésite pas à se défouler sur celui qu'il aide. Car il aide malgré lui, il semble s'accommoder de l'imprévu, ne se dépare jamais d'une sacrée répartie. Il a beau donner l'impression de peser le pour et le contre de chaque action, le lecteur n'est pas dupe de son bon fond. Un huis-clos "chemindeferrique", où tout tourne autour de ce personnage qu'Antoine va prendre sous son aile, ou plutôt dans sa cabine, enfreignant toutes les lois possibles régissant le code des couchettistes..
Et puis, entremêlée à l'intrigue, une poésie, l'art de tourner une phrase, de manier le verbe.. Benacquista, par-delà sa verve incroyable et l'humour cinglant dont il ne se départit dans aucun des quatre romans, nous fait vibrer : " Il est triste le Venise de 19h32, l'hiver, parce que le quai est froid et noir. Je tire sur la portière. C'est bouclé. Un voyageur agite la main par la fenêtre, sans aucun vis-à-vis. Un poète... Les passagers me regardent du couloir. Ils s'en remettent déjà à moi. Au loin on entend le coup du sifflet, le tam-tam du train cherche lentement son rythme et les cuivres entament l'adagio. Je ne ferai pas ce boulot toute ma vie. j'aurais tellement voulu rester à quai."
Mais ça n'est pas le plus troublant des quatre. Les morsures de l'aube, après le monde des trains couchettes, celui de Paris la nuit, avec ses piqu'assiettes, ses sans abris.. Antoine se retrouve impliqué dans une chasse à l'homme parce qu'il est un oiseau de nuit sans nid fixe. Parce qu'avec son acolyte ils naviguent entre plusieurs buffets mondains nocturnes, ruse, audace, manières et langages leur ouvrent bien des portes, qui elles s'ouvrent sur ce qui leur fait le plus défaut, la nourriture. Pris au piège ils n'ont pas le choix. Et c'est Antoine qui s'y colle. On découvre au fil des pages un monde dur, froid, sans concessions, un univers qu'on retrouvera dans Trois carrés rouges sur fond noir... Une histoire où le méchant n'est pas forcément celui qu'on croit..
Enfin voilà, le propre de Benacquista est de nous plonger dans un univers bien spécifique, bien délimité, très précis.. Qu'on aime ou pas, on est obligé d'y adhérer, tellement c'est vrai. Le train, la nuit, la peinture, L'Italie et ses vignobles.. chaque histoire est différente, la mécanique est la même, subtile, personnelle, tout en subjectivité.. à la limite de l'invraisemblable, et pourtant, tout est plausible. A chaque histoire on s'instruit, sans en avoir l'air, sans vraiment le savoir. Tout un art..
18:11 Publié dans Livre - Secteur Adulte | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, benacquista, noir, policier
04.01.2008
L'étoile du diable

Sélectionné pour le "concours Polar SNCF été".
Il fait chaud dans ce livre, très chaud.. comme la canicule dont souffre la France en été, sauf que là, c'est en Norvège.. Et la chaleur a le don d'accroître l'odeur pestilentielle des cadavres ; encore que ça n'est pas ce dont on souffre le plus ici.
Ce sont surtout les gars mis sur l'affaire qui en souffrent, et surtout Harry Hole, en plein désespoir, son job largement compromis par sa passion pour l'alcool, celui qui réchauffe (comme s'il ne faisait déjà pas assez chaud), l'alcool qui nourrit, mais qui assombrit aussi. Jusqu'à arriver complètement murgé au boulot, jusqu'à se faire enfermer aux Arrêts, pour trouble sur la voie public. Le seul endroit où il aurait pu trouver le salut.. près d'une église...
Drôle de liturgie : un serial killer qui tue, coupe un doigt, place un bijou en forme de pentagramme.. et laisse l'arme du crime sur place. Trop parfait... et Hole finira par le remarquer, éloigné pour un temps de sa bouteille.. Une mise en scène trop bien huilée, quand sa vie à lui fout le camp tranquillement. Sexe, ou plutôt ses artifices, trafic d'armes, flics véreux, perversité, esprits dérangés, le lecteur est baladé d'hypothèses en trompe-l’œil, chapitre après chapitre, il pense avoir trouvé, et puis non, c'est impossible, enfin peut-être.. et si.. eh bien non.. mais alors qui? On explore les recoins les plus sombres de Hole, sans savoir tout ce qu'il pense.. il finit par comprendre, mais ne nous dit rien.. L'auteur en sait moins que ses protagonistes.. il s'amuse d'une histoire à l'autre, à nous donner quelques éléments, mais reste en dehors. Comme s'il ne voulait pas être impliqué.
Une analyse des serial killer qui bouleverse un peu les idées préconçues, un mobile qui n'apparaît qu'une vingtaine de pages avant la fin.. mais l'histoire n'est pas finie, encore quelque chose à régler.. Nesbo possède l'art de nous mener par le bout du nez, à ses côtés, pour découvrir en même temps que nous le fin mot de l'histoire..
Cote : POL NES
17:05 Publié dans Livre - Secteur Adulte | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, policier, nesbo
30.11.2007
Nous avons brûlé une sainte

Eblouissement.
Persistance rétinienne, phosphorescence, phosphène qui prend son plaisir là où y a des gènes, des similitudes. Béatitude de l'esprit qui déborde dans les veines, qui éclabousse même l'inconscient.
Les pages refermées sur elles-même, partage éternel entre elles du secret qu'elle contiennent, continuent de murmurer à l'oreille une passion silencieuse : "sa marche dansante ne fit aucun bruit", "mais avec une grande fureur silencieuse", une rage à peine contenue, une folie douce et esthète, desservie par une écriture subtile et féroce, juste et dangereuse. Toujours sur le fil, tendue et sans attente à la fois, comme ces 4 personnages qui agitent la foi de Jeanne d'Arc comme étendard, qui signent leurs actes "Arthur Rimbaud".
Jeunesse désespérée, vengeresse et aveugle, "Moi je me suicide à l'absurde. Soit j'en meurs, haché par une mitraillette, soit j'en réchappe et, de ne plus pouvoir revivre telle lumière, je serai mort le restant de mes jours." Amour inconditionnel, conditionné, réconfortant et effrayant, "Si Anna ne vient pas, je vais en dégueuler mon corps et mon âme.". Constat désabusé, "Je sens ma vieillesse s'enfoncer, s'effacer sous un sourire naissant. Cela paraît imbécile de le dire comme ça, mais je le ressens, je perds ma fliquitude. Celle-ci s'enfuit dans un grand dégoût, dans un grand absurde."
Jonglage des points de vue, l'auteur fait de nous un funambule, équilibriste des mots. "Je", "Il", intérieur, extérieur, on sait tout, on ne sait plus rien. On prend partie, on récuse. On ne peut rester indifférent. face à tant de différences, face à ce mélange des genres, si complexe, qui paraît si simple, si évident.
Maîtrise du mouvement, exécution parfaite.
Emerveillement.
Cote : POL POU
22:10 Publié dans Livre - Secteur Adulte | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, policier, pouy















